[REVIEW] : Spider-Man: Far From Home – Une bonne toile estivale ! đŸ•·

Héros ayant connu le plus de déclinaisons sur grand écran aux cÎtés de Batman et Hulk, Spider-Man organisa son retour officiel au sein de la maison Marvel en 2016, et en équipe, dans le mésestimé Captain America: Civil War avant de retourner se balancer au beau milieu de son Queens natal un an plus tard dans sa propre aventure en solo. Depuis, deux années ont passé, Peter Parker est officiellement devenu un Avenger et a été frappé par les récentes tragédies survenues dans les entrailles de cet univers ultra-connecté. Loin de se laisser abattre, le jeune homme se retrouve désormais propulsé dans un tout nouveau chapitre de sa vie avec Spider-Man: Far From Home, second volet de cette nouvelle saga rafraßchissante, aux allures de teen-movie perpétuelle, portée par un Tom Holland investi.
En partance pour une escapade en Europe en compagnie de ses camarades de classe, notre hĂ©ros va se retrouver, bien malgrĂ© lui, confrontĂ© Ă  une menace d’un genre nouveau qui lui demandera de procĂ©der Ă  des choix drastiques pour son avenir. Toujours rĂ©alisĂ© par Jon Watts, le long-mĂ©trage rĂ©ussit-il le pari de refermer positivement un pan complet du fameux MCU ? Parlons-en un peu
 avec quelques lĂ©gers spoilers.

Tony Stark est mort ! Tony Stark est mort et il a laissĂ© un immense vide derriĂšre lui ! Instigateur, en 2008, de ce qui est devenu plus tard le Marvel Cinematic Universe, succĂšs interplanĂ©taire aux milliards de dollars engrangĂ©s qui n’a officiellement plus le besoin d’ĂȘtre plus pleinement prĂ©sentĂ©, le personnage campĂ© par Robert Downey Jr. laissera assurĂ©ment un vide dans ce monde parallĂšle au nĂŽtre. C’est d’ailleurs-lĂ  tout le point de dĂ©part de ce Spider-Man: Far From Home. Comment se relever lorsque quelques-uns des plus grands hĂ©ros de la Terre ont livrĂ© une bataille aussi dantesque, pour certains au pĂ©ril de leur vie ? Faut-il immĂ©diatement se lancer Ă  la recherche de remplaçants pour ĂȘtre prĂ©parĂ© en cas de nouvelles attaques venues d’autres mondes ? OĂč les choses doivent-elles se faire naturellement lorsque des hĂ©ros acclamĂ©s se prĂ©senteront Ă  la face du monde ?
Spider-Man n’est pas Iron Man, il ne l’a jamais Ă©tĂ©, il ne le sera jamais
 et au final, c’est peut-ĂȘtre dans cette simple thĂ©matique que se trouve l’une des plus grandes qualitĂ©s du mĂ©trage qui se concentre, de maniĂšre touchante, sur la thĂ©matique de l’hĂ©ritage. Si tout au long de l’aventure, le spectre des vengeurs disparus pĂšse sur une grande majoritĂ© des protagonistes, elle est Ă©galement l’occasion de prouver, s’il le fallait encore, que cet univers peut exister sans ses anciennes tĂȘtes d’affiches apparues sur nos Ă©crans il y a de cela plus de 10 ans.
Spider-Man: Far From Home est un film Ă  part entiĂšre qui, contrairement Ă  un Avengers: Endgame, peut exister seul en nous contant une histoire, sa propre histoire, du dĂ©but jusqu’à la fin.

Toujours au summum de la mode, Spider-Man nous présente ici son tout nouveau costume furtif.

Un grand pouvoir implique de grandes
 oh et puis non.

En ce qui le concerne, le scĂ©nario est classique, bien qu’efficace. Prenant place Ă  quelques semaines des Ă©vĂ©nements survenus dans le dernier grand crossover de la firme, il nous permet d’assister au retour au lycĂ©e de nombreux personnages aperçus dans Spider-Man Homecoming et de mesurer les ravages causĂ©s par la fameuse dĂ©cimation de Thanos. Heureusement, les meilleur.e.s ami.e.s de Peter Parker ont tous Ă©tĂ© emportĂ© Ă  l’époque par le claquement de doigts destructeurs du Titan Fou, permettant Ă  ces derniers de ne pas vieillir d’un iota durant l’ellipse de cinq ans que l’on avait pu observer dans le film prĂ©cĂ©dent du studio Marvel.

Pour le reste, la menace qui importune les diffĂ©rents personnages n’aura rien de surprenante pour quiconque est familier aux bestiaires Ă©tendus de l’homme-araignĂ©e et les quatre ÉlĂ©mentaux que l’on entrevoit dans les diffĂ©rentes bandes-annonces sont avant tout prĂ©sents pour assurer le grand spectacle dans une aventure souvent taillĂ©e pour ĂȘtre entrevue Ă  taille plus humaine. MalgrĂ© tout, loin d’ĂȘtre totalement banale, elle s’octroie la permission d’aborder quelques thĂ©matiques d’envergure avec un fort penchant pour le cas des “fake news” qui gangrĂšnent notre quotidien et compose ici l’un des points essentiels du rĂ©cit jusqu’à sa derniĂšre seconde. En effet, il est souvent important de se rappeler que, peu importe les Ă©vĂ©nements, il faut toujours se mĂ©fier des apparences
 comme le disait si bien La Voix (on a les rĂ©fĂ©rences que l’on mĂ©rite).En supplĂ©ment pour l’intrigue, on y parle Ă©galement de thĂ©orie du complot, de romances adolescentes et des dangers de la rĂ©alitĂ© augmentĂ©e et virtuelle pour nous offrir, au final, un savant mĂ©lange d’actions, de rĂ©flexions et de moments lĂ©gers, trĂšs lĂ©gers, trop lĂ©gers peut-ĂȘtre aussi parfois avec un ensemble de vannes pas toujours aussi drĂŽle qu’elles voudraient l’ĂȘtre. Rien de bien grave Ă  ce compte-lĂ  nĂ©anmoins, on est sur un pur blockbuster estival aprĂšs tout.

LĂ  oĂč le bat blesse cependant, c’est pour tous ceux qui, comme moi, s’attendaient Ă  une vĂ©ritable conclusion de la Phase III du MCU et Ă  un dĂ©but de teasing pour le futur de la saga. Distillant quelques indices plus oĂč moins fort Ă  ce sujet, jusque dans ses deux scĂšnes posts-gĂ©nĂ©riques, le film ne se permet jamais vraiment de poursuivre dans ce sens, prĂ©fĂ©rant se concentrer sur sa propre aventure. Un mal pour un bien, certes, mais le discours marketing instaurĂ© par les Ă©quipes de chez Sony Pictures et Disney n’est guĂšre en adĂ©quation avec le but vĂ©ritable du projet qui aurait trĂšs bien pu se charger d’ouvrir pleinement le prochain chapitre qui devrait mĂ©tamorphoser Ă  tout jamais ce riche univers et ce, Ă  partir de 2020.

À chaque apparition, Zendaya crĂšve l’écran sous les traits d’une MJ aussi surprenante que profondĂ©ment dĂ©sopilante. Tant mieux me direz-vous, sa romance avec Peter Parker constituant l’un des Ă©lĂ©ments essentiels du mĂ©trage.

L’araignĂ©e, l’araignĂ©e Ă  un casting particulier !

CĂŽtĂ© casting, beaucoup de confirmations, avec, notamment, un Tom Holland impressionnant, charmant, drĂŽle, gagnant en maturitĂ© Ă  chaque escale de son pĂ©riple et Ă  qui le costume de l’araignĂ©e sympa du quartier sied dĂ©cidĂ©ment parfaitement, au point d’en faire instantanĂ©ment l’un des meilleurs Spider-Man vu sur nos Ă©crans.
Il en est de mĂȘme pour Zendaya, dĂ©jĂ  captivante dans le teen-drama Euphoria, actuellement diffusĂ© sur HBO et OCS, campant Ă  nouveau une MJ ayant un fort penchant pour l’humour noir tranchant et les doctrines conspirationnistes. Celle qui fait chavirer le cƓur du jeune hĂ©ros profitera Ă©galement du voyage pour se dĂ©voiler sous un nouveau jour, s’ouvrant ainsi de plus en plus socialement et n’ayant jamais de craintes Ă  se lancer dans la mĂȘlĂ©e pour sauver ses proches.
Si l’on y excepte Ned, fabuleusement incarnĂ© par l’hilarant Jacob Batalon, les autres camarades de classe de Peter sont bien plus en retrait dans ce second chapitre, de mĂȘme que sa Tante May, Happy Hogan, Nick Fury et Maria Hill, tous ici prĂ©sent en guise de second rĂŽle de luxe dĂ©ployant simplement une partition maĂźtrisĂ©e mais tout Ă  fait Ă©gale Ă  celle proposĂ©e par le passĂ©.

Qui dit nouveau film, dit Ă©videmment nouveau hĂ©ros et Ă  ce compte-lĂ , seul un ajout majeur est notable en la personne de Mysterio. Si Jake Gyllenhaal reste Ă©minemment charismatique, bien que grimĂ© presque exclusivement de l’étrange attirail du MaĂźtre des Illusions, il s’avĂšre finalement quelque peu en deçà des attentes que l’on pouvait avoir le concernant.
Jamais rĂ©ellement dĂ©veloppĂ© comme il se doit, le personnage est survolĂ©, pas toujours bien Ă©crit, gĂąchant tristement les innombrables capacitĂ©s d’acting de son interprĂšte, au point d’en faire un Ă©niĂšme antagoniste, certes rĂ©jouissant Ă  regarder, tout comme l’était Hela (Cate Blanchett), Ghost (Hannah John-Kamen), Ego (Kurt Russell) ou encore Kaecilius (Mads Mikkelsen) avant-lui, mais on ne peut plus oubliable, au point que ce dernier aurait trĂšs bien pu ĂȘtre interprĂ©tĂ© par n’importe qui. Un comble lorsque l’on n’a Ă  sa disposition un comĂ©dien Ă  la carriĂšre aussi prolifique depuis prĂšs de 30 ans. Il sera nĂ©anmoins possible de se consoler en le voyant se distinguer grĂące Ă  une prestance redoutable et une sĂ©rie de scĂšnes d’action (extrĂȘmement) rĂ©jouissante.

SĂ©duisant par bien des aspects, le personnage de Mysterio n’en est pas moins l’une des dĂ©ceptions du film. Jamais exploitĂ© Ă  sa juste valeur, il peut au moins compter sur des sĂ©quences de haute-volĂ©e pour rĂ©guliĂšrement se rattraper.

Ça balance pas trop en Europe, ça balance pas trop


Une sĂ©quence en particulier reste ancrĂ©e dans ma mĂ©moire et pourrait bien s’inscrire comme l’une des meilleures de tout l’univers de La Maison des IdĂ©es au cinĂ©ma. Un vrai moment digne d’un comics qui se distingue particuliĂšrement dans une mise en scĂšne oscillant entre le (trĂšs) inspirĂ© et le (trĂšs) classique. Jon Watts fait du bon travail, mais il lui manque peut-ĂȘtre ce petit grain de folie visuel auquel le hĂ©ros se prĂȘte pourtant si bien. Le clou s’enfonce encore un peu plus lorsque l’on repense Ă  toute la magie qui dĂ©coulait sur ce point dans le rĂ©cent et oscarisé Spider-Man: New Generation (ou Into the Spiderverse pour les plus tatillons d’entre nous).
LĂ  oĂč, visuellement, ce Spider-Man: Far From Home se rattrape toutefois, c’est lorsqu’il se dĂ©cide Ă  faire appel Ă  d’innombrables effets spĂ©ciaux et autres CGI en tous genres. Les films de super-hĂ©ros s’enchaĂźnent, mais Ă  chaque fois, la barre les concernant semble placer de plus en plus haute. Les diffĂ©rentes crĂ©atures sont impressionnantes et dĂ©gagent un vĂ©ritable sentiment de puissance, les rares sĂ©quences de voltiges de Spidey, absence de building oblige, nous laisse rĂȘveurs quant Ă  la possibilitĂ© de les voir se dĂ©multiplier dans un prochain Ă©pisode et les diffĂ©rents pouvoirs de Mysterio rendent merveilleusement bien une fois dĂ©ployĂ© Ă  l’écran. Le film nous offre ainsi de superbes moments jouissifs, riches en dĂ©tail et particuliĂšrement colorĂ©s qui raviront les plus fans des aventures originelles de ses hĂ©ros nĂ©s sur papier.

EN BREF : 23e film de la franchise la plus lucrative de l’histoire du cinĂ©ma, Spider-Man: Far From Home ne rĂ©volutionne pas la formule Marvel (avait-il vraiment vocation Ă  le faire ?), mais s’accorde quelques audaces et dispose d’une gĂ©nĂ©rositĂ© sans failles qui lui permet de se placer instantanĂ©ment dans la sĂ©lection des meilleurs divertissements de cet Ă©tĂ© 2019.
Maintenant que le chapitre The Infinity Saga est officiellement bouclĂ©, il est intrigant de s’imaginer vers quelle direction le studio bankable dirigĂ© d’une main de fer par le trĂšs en forme Kevin Feige se tournera pour les annĂ©es Ă  venir. Si quelques craintes peuvent, lĂ©gitimement, se justifier encore, les deux scĂšnes posts-gĂ©nĂ©riques qui viennent clĂŽturer cette nouvelle aventure du plus cĂ©lĂšbre tisseur de New York ont de quoi laisser prĂ©sager le meilleur pour quiconque n’a pas Ă©tĂ© lassĂ© par les pĂ©rĂ©grinations hĂ©roĂŻques de ces ĂȘtres hors normes.

Ce n’est un secret pour personne, Spider-Man a toujours Ă©tĂ© l’un de mes personnages prĂ©fĂ©rĂ©s, aussi bien dans l’écurie Marvel que dans le petit monde de la Pop Culture au global. AprĂšs moult-errances sur tous ses supports de prĂ©dilection, pouvoir assister Ă  une telle renaissance pour le New-yorkais maladroit aux aptitudes singuliĂšres, crĂ©Ă© en 1962 par Stan Lee et Steve Ditko, me procure une joie indescriptible. Que ce soit sur papier, sur grand Ă©cran ou sur nos consoles, l’esprit de Spider-Man est lĂ , partout autour de nous, et la simple Ă©vocation de tout ce qui attend cette licence culte dans un avenir plus ou moins proche me ravit grandement et me procure une excitation immense. Quelle belle Ă©poque pour ĂȘtre en vie, non ?

(Re)découvrez la derniÚre bande-annonce de Spider-Man: Far From Home :

SPIDER-MAN: FAR FROM HOME EN CHIFFRES (ET EN LETTRES) :

  • Genre : Super-hĂ©ros super-agile
  • RĂ©alisĂ© par : Jon Watts
  • Sur un scĂ©nario de : Chris McKenna et Erik Sommers
  • Produit par : Kevin Feige et Amy Pascal
  • Sortie le : 03 juillet 2019
  • DurĂ©e : 2h09
  • Avec : Tom Holland (Peter Parker / Spider-Man), Zendaya (Michelle “M. J.” Jones), Samuel L. Jackson (Nick Fury), Jake Gyllenhaal (Quentin Beck / Mysterio), Cobie Smulders (Maria Hill), Jacob Batalon (Ned Leeds), Jon Favreau (Happy Hogan) et Marisa Tomei (May Parker)
  • 160 millions de dollars de budget
  • 23e film du Marvel Cinematic Universe
  • 6 pays visitĂ©s
  • 4 crĂ©atures Ă©lĂ©mentaires
  • 1 casting de premier choix
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