[TEST] : Resident Evil 2 Remake – Peur sur la ville ! đź’‰

Le 25 janvier dernier, Capcom ouvrait les hostilitĂ©s de la cuvĂ©e 2019 de l’industrie vidĂ©oludique grâce Ă  un remake des plus attendus. Paru Ă  l’origine en 1998 sur PlayStation 1, puis portĂ© par la suite sur PC, N64, Dreamcast et GameCube, Resident Evil 2 s’est Ă©rigĂ© au fil du temps comme l’un des maĂ®tres Ă©talons du genre horrifique sur consoles. Pour s’en convaincre, il n’y avait d’ailleurs qu’Ă  observer les rĂ©actions intenses et immodĂ©rĂ©es apparut sur la toile lors de l’officialisation de la refonte complète du mythe durant la confĂ©rence PlayStation de l’E3, en juin dernier.
Et alors, finalement, que vaut-il vraiment ce RE2 Remake ? C’est la question Ă  laquelle je vais tenter de rĂ©pondre par le biais de ce test rempli de zombies, d’hĂ©moglobine et de tyrans collants, mais toujours aussi terrifiants…

Qu’il soit cinĂ©matographique ou vidĂ©oludique, mon intĂ©rĂŞt pour le genre horrifique ne s’est dĂ©veloppĂ© que très rĂ©cemment.
Outre que cela tĂ©moigne, un tant soit peu, du fait que j’ai mis bien du temps Ă  accepter l’idĂ©e d’angoissĂ©e par ma propre volontĂ©, cette prĂ©cision, qui sert d’introduction, est surtout lĂ  pour spĂ©cifier que je n’ai, malheureusement et pour l’heure, jamais eu la possibilitĂ© de poser mes mains sur l’une des Ă©ditions originelles de Resident Evil 2, supervisĂ© Ă  l’Ă©poque par un certain Hideki Kamiya (Oui oui, on parle bien de Mr. Bayonetta en personne).
Mieux, ce remake, testĂ© ici dans sa mouture PS4, s’avère ĂŞtre, en rĂ©alitĂ©, mon tout premier pas dans le genre, très prolifique, du survival-horror.

Bienvenue à Raccoon City, la cité de la peur !

Charmante bourgade du Midwest, aux États-Unis, en plein dĂ©veloppement industriel, Raccoon City n’avait, avant le triste mois de juillet 1998, aucun vĂ©ritable signe distinctif Ă  une seule exception. Cette dernière abritait, en effet, rien de moins que les laboratoires d’Umbrella inc., un puissant groupe Ă©voluant dans le secteur pharmaceutique et cosmĂ©tique.
NĂ©anmoins, un Ă©vĂ©nement malencontreux, tel que la propagation d’un virus mortel, peut apporter de lourdes consĂ©quences, et la ville en a tristement payĂ© les frais. C’est ce que vont apprendre Ă  leurs dĂ©pens deux protagonistes qui n’auraient très bien pu ne jamais se rencontrer, Leon S. Kennedy, jeune recru au sein du poste de police de la ville et Claire Redfield, Ă©tudiante Ă  la recherche de son frère disparu.
SĂ©parĂ©s dès le dĂ©but de leur aventure, ils vont devoir survivre, seuls, pour dĂ©couvrir les sombres secrets de la multinationale et tenter de s’Ă©chapper en un seul morceau face Ă  une invasion de zombies qui semble inarrĂŞtable.

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Face Ă  l’invasion de morts-vivants, il semblerait que Nicky Larson ait Ă©tĂ© dans l’obligation d’abandonner son vĂ©hicule. Dommage…

Au premier abord, le scĂ©nario de Resident Evil 2 pourrait paraĂ®tre simple, voire simpliste. Pourtant, il ne faut jamais sous-estimer si facilement un jeu qui en a beaucoup Ă  offrir. Tout au long de l’aventure les rebondissements s’enchaĂ®nent, les rencontres aussi, les mystères se dĂ©multiplient et le danger semble guetter nos hĂ©ros Ă  chaque instant. Des hĂ©ros, par ailleurs, extrĂŞmement charismatiques, qui croiseront sur leur chemin des protagonistes secondaires tout aussi convaincants, l’espionne Ada Wong et la jeune Sherry Birkin en tĂŞte, ses dernières Ă©tant chacune jouable Ă  un moment très prĂ©cis de l’intrigue en proposant un gameplay qui leur est propre.
Malheureusement, les dialogues, eux, ne bĂ©nĂ©ficient clairement pas d’un soin très poussĂ©, sombrant rĂ©gulièrement dans les mĂ©andres de la sĂ©rie B de bas-Ă©tages. Un comble quand le titre se permet, Ă  l’inverse, de bĂ©nĂ©ficier d’une direction artistique et d’une rĂ©alisation sans failles qui pourraient faire trembler certains des plus gros AAA de ces dernières annĂ©es.

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Élégante, la mise en scène offre des séquences et des mouvements de caméra particulièrement séduisant.e.s pour une expérience horrifique de ce genre.

Toujours d’un point du vu scĂ©naristique, cet Ă©pisode profite d’une construction pour le peu… atypique.
Dès le dĂ©part, le soft vous propose de choisir le personnage que vous souhaitez incarner. Une dĂ©cision Ă  ne pas prendre Ă  la lĂ©gère, puisqu’il sera alors impossible de changer d’avis avant d’avoir clĂ´turĂ© la trame sĂ©lectionnĂ©e.
Une fois ceci fait, c’est une nouvelle histoire qui s’ouvrira aux joueurs.

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Le hall d’entrĂ©e n’est qu’une façade. Les laboratoires d’Umbrella Corporation constituent l’un des passages les plus angoissants du jeu.

Sobrement baptisĂ© « ScĂ©nario BIS », cette dernière nous permettra de suivre l’autre hĂ©ros, afin de dĂ©couvrir ce qu’il ou elle a bien pu faire pendant tout ce temps.
Si cela permet, notamment, d’allonger la durĂ©e de vie, il est un passage indispensable Ă  quiconque souhaiterait dĂ©couvrir la vĂ©ritable fin de l’histoire.
En effet, pour le premier scĂ©nario, le gĂ©nĂ©rique se dĂ©clenche de manière Ă©tonnamment abrupte, presque au beau milieu d’un dialogue. Frustrant ? Oh oui, beaucoup.

Sang pour sang oppressant

Son plus gros point fort Ă  ce Resident Evil 2 Remake, c’est assurĂ©ment son ambiance, magistrale, angoissante et redoutable. Rares sont les expĂ©riences vidĂ©oludiques bĂ©nĂ©ficiant d’un tel soin Ă  ce niveau. Tout est fait pour vous faire angoisser et sursauter Ă  la moindre occasion. Recoins sombres et Ă©nigmatiques, craquement du plancher, porte grinçante, recherche d’indices dans une morgue, flaques de sang omniprĂ©sentes… autant de possibilitĂ©s idĂ©ales pour faire grimper la pression de chaque joueur au moment d’explorer les lieux pour la toute première fois. Ă€ cela, s’ajoutent en filigrane quelques notes de musiques entĂŞtantes qui ne vous quitteront pas si facilement, mĂŞme une fois la console Ă©teinte.

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Cadavres au sol, couloirs plongĂ©s dans l’obscuritĂ©, jump-scare en pagaille… tous les Ă©lĂ©ments que l’on peut imaginer au sein d’un jeu d’horreur rĂ©pondent Ă  l’appel avec brio.

MAIS… la musique, oui, la musique, parlons-en justement, tant elle est au centre de l’une des pratiques parmi les plus scandaleuses observĂ©s chez un Ă©diteur durant ces dernières annĂ©es. MĂ©morable, la bande-originale du titre de l’Ă©poque avait su marquer durablement ceux qui s’Ă©taient aventurĂ© dans les mĂ©andres du commissariat de Raccoon City.
Pour en profiter, il faudra ici la payer : 2,99€ précisément.
En effet, dans ce remake, les sonoritĂ©s mythiques ont Ă©tĂ© remplacĂ©s par de simples effets d’ambiance, immersif certes, mais largement moins iconique pour quiconque souhaiterait coller au plus proche de l’expĂ©rience d’Ă©poque. Cette rĂ©interprĂ©tation du jeu se voulant la plus complète possible, il est des plus regrettables de devoir Ă  nouveau repasser Ă  la caisse pour faire l’acquisition de ses quelques pistes mythiques et indissociables de cette Ă©popĂ©e effroyable.

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Ă‚mes sensibles s’abstenir, Resident Evil 2 Remake n’est clairement pas fait pour tout le monde. Sa classification PEGI 18 en est la preuve.

Quoi qu’il en soit, que vous souhaitiez dĂ©bourser quelques-uns de vos prĂ©cieux deniers pour faire l’acquisition de l’ensemble ou non, l’un des meilleurs conseils que je puisse vous donner est de vous lancer dans la partie avec un casque audio ou des Ă©couteurs, indispensables pour profiter du travail absolument incroyable, rĂ©alisĂ© par les Ă©quipes de Capcom, autour de l’Ă©quilibrage sonore. Le moindre petit bruit vous sautera alors aux oreilles et l’immersion n’en sera que plus belle.

Pour en revenir, aux achats intĂ©grĂ©s, car ce n’est, malheureusement, pas terminĂ©, le jeu profite Ă©galement de son lot de costumes additionnels et inĂ©dits, vendus Ă  l’unitĂ© 2,99€ ou en pack pour la modique somme de 14,99€. Ă€ vous dĂ©sormais de juger si, oui ou non, cela s’avère indispensable…

Hey Mister, Go Mister, Soul Mister, Flow Mister

Dans Resident Evil 2, il vous faudra survivre pour tenter de vous Ă©chapper de cette citĂ© de la peur. Pour cela, tout l’arsenal que vous croiserez sur votre chemin sera Ă  votre disposition. Armes Ă  canon long, fusil Ă  pompe oĂą Ă©lectrique et mĂŞme un lance-flamme, les possibilitĂ©s sont nombreuses, souvent jouissives, mais attention tout de mĂŞme, la tendance peut s’inverser rapidement. Très vite dans votre aventure, vous commencerez Ă  Ă©conomiser chaque balle tant elles constituent une denrĂ©e rare en cette pĂ©riode apocalyptique. Qui plus est, les innombrables zombies et autres crĂ©atures cauchemardesques que vous croiserez sur votre chemin sont extrĂŞmement coriaces. De quoi vous provoquez, Ă  d’innombrables reprises, de sĂ©rieuses sueurs froides.
Les morts-vivants de bases, aux designs assez nombreux et originaux, auront, en effet, tendance à se relever très souvent dans votre dos, même après cinq bastos tirées soigneusement en pleine tête.

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Les différents protagonistes secondaires, ici Ada Wong, ont chacun droit à un traitement général des plus appréciables. De quoi les rendre tout aussi charismatiques que nos deux héros.

CĂ´tĂ© bestiaire, on peut Ă©galement compter sur le retour des Lickers, crĂ©atures mutantes, rĂ©pugnantes, Ă©corchĂ©es, mais surtout aveugles qui ne vous repaireront qu’en cas de nuisances sonores trop Ă©levĂ©es, Ă©lĂ©ment qui vous poussera rĂ©gulièrement Ă  vous la jouer infiltration, mais Ă©galement sur celui du terrifiant T-00, autrement appelĂ© par les fans Mister X.
Mesurant près de 2 mètres 60, mystérieux sous son chapeau et son épais manteau, le tyran ne vous quittera plus dès lors que vous aurez croisé son regard pour la toute première fois.
Ă€ cet instant, le jeu prendra une tout autre dimension. Vous deviendrez la proie de l’impressionnant antagoniste qui vous pourchassera dans tous les coins et recoins des diffĂ©rents lieux que vous visiterez, ne vous laissant comme simple indice de son arrivĂ©e prochaine, le bruit assourdissant de ses bottes tapant contre le parquet vieilli qui habille les lieux. Totalement indestructible, il ne sera possible de le ralentir que durant quelques secondes, après que vous ayez vidĂ© une grande partie de votre chargeur. Et si jamais il vous attrape ? Il se dĂ©barrassera de vous avant mĂŞme que vous n’ayez eu le temps de dire son nom… MISTER X.

BOUH ! (Avouez, ça fait peur, non ?)

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COUCOU !!!

Une durĂ©e de vie remarquable… pour une difficultĂ© corsĂ©e.

Point non nĂ©gligeable de ce genre d’expĂ©rience vidĂ©oludique, la durĂ©e de vie de ce Resident Evil 2 Remake s’avère ĂŞtre parfaitement convenable. Comptez une bonne dizaine d’heures pour terminer la trame principale, que vous ayez prĂ©fĂ©rĂ© choisir celle de Claire Redfield (comme moi ) ou de Leon Kennedy. LĂ  oĂą cela devient intĂ©ressant, c’est que cette longĂ©vitĂ© se voit quasiment doubler si vous souhaitez vous lancez directement dans la dĂ©couverte du scĂ©nario BIS.
Vous en voulez toujours plus ? Si vous ne souhaitez pas souffrir en vous lançant directement dans le mode Hardcore et que vous avez l’âme d’un ou d’une complĂ©tiste, ajoutez-y une vingtaine d’heures supplĂ©mentaires pour pouvoir dĂ©bloquer les 43 trophĂ©es (+ 1 platine sur la machine de Sony) du titre. RĂ©colter des fichiers, tuer un ennemi avec un simple couteau ou encore faire tomber le chapeau de Mister. X en lui tirant dessus, les dĂ©fis sont variĂ©s, bien que remplis de contrainte, chose qui ne vous aidera clairement pas Ă  dompter la difficultĂ© très Ă©levĂ©e du soft.
En effet, Resident Evil 2 vous fera mourir souvent, très souvent. Une composante parfois handicapante, qui verrouillera les portes de l’aventure aux moins habituĂ©s, mais qui semble, au final, tout Ă  fait inhĂ©rente au genre.

Enfin, puisque l’expĂ©rience semble dĂ©finitivement vouloir accorder un soin tout particulier Ă  sa rejouabilitĂ©, il est Ă©galement bon de mentionner la prĂ©sence des modes secrets « The 4th Survivor » et « Tofu* », disponibles une fois le titre terminĂ©, ainsi que de « Ghost Survivors ». Ce dernier vous mettra dans la peau de personnages secondaires croisĂ©s tout au long de votre aventure : Robert Kendo, responsable de l’armurerie du mĂŞme nom, Katherine Warren, la fille du maire de Raccoon City, et le soldat Ghost, membre de la sĂ©curitĂ© d’Umbrella Corporation. Disponible depuis le 15 fĂ©vrier dernier, il est tĂ©lĂ©chargeable gratuitement sur toutes les plateformes. Merci Capcom.

*Pour ceux qui se poseraient vraiment la question : Oui, le mode « Tofu » permet vĂ©ritablement d’incarner un morceau de Tofu gĂ©ant et armĂ©.

EN BREF : Ce Resident Evil 2 est un exemple parfait de ce Ă  quoi tout remake devrait ressembler.
Si les diffĂ©rents dialogues, vieillots et nanardesques Ă  souhait, et les diffĂ©rents achats intĂ©grĂ©s, frĂ´lant l’insolence, empĂŞchent le titre d’atteindre le firmament du genre horrifique actuel, force est de constater que malgrĂ© le lourd poids des annĂ©es, tout ce qui fait l’identitĂ© de ce titre, et de la saga en gĂ©nĂ©ral, semble toujours tourner Ă  la perfection. On frissonne, on sursaute, on hurle mĂŞme parfois, et tout cela avec un plaisir toujours aussi grand, en partie dĂ» Ă  une refonte graphique somptueuse et un gameplay relativement bien calibrĂ©.

Reste une difficultĂ© très Ă©levĂ©es, trop parfois, qui pourra empĂŞcher Ă  certains de savourer cette angoissante Ă©popĂ©e comme il se doit. Ceci n’est toutefois qu’un dĂ©tail, tant Capcom a assurer le boulot de A Ă  Z.
Il n’y a dĂ©sormais plus qu’Ă  espĂ©rer voir le mĂŞme traitement accorder prochainement au 3e volet de la licence. Avant 17 ans et avec la bande-son originale incluse, s’il vous plaĂ®t.

RESIDENT EVIL 2 REMAKE EN CHIFFRES (ET EN LETTRES) :78D66473-A24E-425D-89A8-0E9ED6E47180

  • Genre : Massacre zombiesque
  • Sortie le : 25 janvier 2019
  • Disponible sur : PS4, Xbox One et PC
  • DĂ©veloppeur : Capcom
  • Éditeur : Capcom
  • Prix : 59,99€
  • PEGI : 18
  • 43+1 trophĂ©es Ă  rĂ©colter
  • Des centaines de morts-vivants rĂ©calcitrants
  • 58 fichiers Ă  consulter
  • 26 « Oh non, je ne veux vraiment pas y aller »
  • 18 « AAAAHH, au secours, il arrive »
  • 15 Mr. Raccoon Ă  faire exploser
  • 7 cris de panique Ă  la minute
  • 5 costumes Ă  acquĂ©rir en supplĂ©ment
  • 1 lampe torche Ă  chĂ©rir
  • 1 Tyran cauchemardesque
  • Temps de jeu personnel : 21h43
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