[TEST] : Spider-Man sur PS4 – Une adaptation à la hauteur des espérances ? 🕷

Depuis mon plus jeune âge, une peur bleue m’anime : l’arachnophobie ! Si, aux dernières nouvelles, je ne suis pas le seul dans ce cas-là, l’ironie du sort veut que l’un de mes héros favoris de l’écurie Marvel soit Spider-Man. Suis-je une forme de contradiction vivante ? À n’en pas douter.
Quoi qu’il en soit, c’est avec une joie non dissimulée que j’accueillais à bras ouverts, à l’E3 2016, l’annonce d’un nouveau jeu inédit et exclusif à la PlayStation 4 dédiée à l’homme-araignée qui avait bercé une bonne partie de ma jeunesse.
Développée par le studio américain Insomniac Games, précédemment à l’oeuvre sur Spyro the Dragon, Ratchet and Clank ou encore le mésestimé mais excellent Sunset Overdrive, cette adaptation vidéoludique est la première pierre d’un plan bien construit, initié par La Maison des Idées, visant à porter quelques-uns des plus célèbres héros de la firme dans des adaptations ambitieuses sur nos consoles.
Désormais, une simple question légitime peut nous tarauder : Vaut-il vraiment le coup ce nouveau Spider-Man ? La réponse est à découvrir dans les lignes qui suivent…

Mine de rien, Spider-Man soufflera cette année ses 56 bougies ! Apparu aux États-Unis le 15 août 1962, le super-héros arachnéen se targue pourtant d’une forme olympienne et ce, malgré le passage du temps. Ses aventures papiers se vendent ainsi par palette, chacune de ses apparitions au cinéma permet aux salles de se remplir et d’innombrables produits dérivés continuent d’envahir les étalages des magasins du monde entier.
En revanche, cela ne suffit plus à Spidey qui a toujours envie de nouveautés. Certes, l’araignée sympa du quartier n’en est pas à sa première aventure sur consoles, mais rarement ses dernières ont eu la possibilité de bénéficier du niveau de soin de cette nouvelle épopée signée Insomniac Games.

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🎶 « L’Araignée, l’Araignée est un être bien singulier. Dans sa toile, il attend, d’attraper les brigands. » 🎶

Un tisseur sachant tisser…

S’ils dominent le box-office mondial depuis maintenant 10 ans, les super-héros de Marvel ne se seront guère pressés pour s’adapter au marché du jeu vidéo.
Durant ses longues années, la firme a ainsi laissé la Distinguée Concurrence occupée le monopole du secteur des adaptations dîtes « ambitieuses » grâce à des projets restés dans les mémoires tels que la trilogie des Batman Arkham ou encore la licence de jeu de combat Injustice.

Bien décidé à récupérer, dans ce secteur également, sa précieuse place sur le trône, La Maison des Idées envoie en éclaireur l’un de ses plus fidèles représentant pour tâter le terrain en la personne de Spider-Man. Si des projets centrés sur les Avengers et les Gardiens de la Galaxie sont déjà dans les cartons du côté de chez Square Enix, nul ne sait, pour l’heure, si tout ce petit monde finira par se rencontrer un jour.
Dans tous les cas, ce Spider-Man, version 2018, nous permet de retrouver un Peter Parker plus âgés qu’à l’accoutumer, de précisément 23 ans, qui enfile régulièrement son costume depuis maintenant huit ans.
Dès lors, adieux le lycée entrevu dans les différents films qui le mettaient en scène, le voilà désormais devenu scientifique dans un laboratoire qu’il partage avec une vieille connaissance, le docteur Otto Octavius. Bien évidemment, en parallèle, le jeune homme continue de mener la vie dure aux nombreux criminels qui sèment la terreur dans les rues de New York. En guise d’introduction, le jeu nous invite d’ailleurs à découvrir l’arrestation de l’un de ses plus fidèles ennemis, Wilson Fisk, dit « Le Caïd ». Néanmoins, une menace d’une tout autre ampleur s’apprête à s’abattre sur la Grosse Pomme. De Greenwich à Harlem, en passant par Chinatown, Hell’s Kitchen et Central Park, notre héros masqué va devoir user de tous ses pouvoirs pour entreprendre ce combat qu’il devra faire cohabiter avec une vie personnelle un brin chaotique.

Finalement, Spider-Man est comme tout le monde. Durant ses déplacements, il n’hésitera généralement pas à prendre le métro.

Pour la première fois dans un jeu lui étant dédié, Spider-Man nous invite ici à découvrir sa double vie, celle du héros adulé et l’autre, celle du jeune homme, plein d’humour, de bienveillance, mais parfois un peu maladroit, qui se cache derrière le costume. Cette dualité permet au titre de se différencier d’un jeu d’action classique jusque dans son gameplay qui utilise avec brio cette composante en alternant ainsi les phases de combat et de parkours avec des résolutions de puzzle, des enquêtes ou encore des chapitres plus posés prenant notamment place au F.E.A.S.T., un centre destiné à prêter à main-forte aux personnes les plus démunies dans lequel travaille Tante May.
Toujours avec cette envie de coexistence des genres, le jeu va même plus loin en nous permettant d’incarner, durant certaines séquences d’infiltration, son ex-petite amie, la journaliste d’investigation Mary Jane Watson. Néanmoins, sa présence renforcée nous pousse à la voir bien au-delà du simple love interest du héros auquel elle a souvent été réduite. MJ est une femme forte et intrépide qui n’hésitera pas un seul instant à faire preuve de bravoure pour nous aider à mettre fin aux désastres qui se préparent.
Entraperçu par le biais d’une précédente bande-annonce, le jeune Miles Morales, geek invétéré aux origines afro-américaines qui s’avère toujours près à venir en aide à son prochain, a également une place capitale au sein de l’intrigue. Révéler des détails supplémentaires à son sujet pourrait toutefois gâcher la surprise à ceux n’ayant pas encore eu la possibilité de goûter au plaisir débordant proposé par le titre.

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Devenue journaliste d’investigation pour le compte du prestigieux Daily Bugle, Mary Jane Watson bénéficie d’une place prépondérante au sein de l’aventure.

En guise de conclusion à cette section, il est bon d’aborder rapidement le message optimiste et bienveillant véhiculé par le titre. En faisant cohabiter et collaborer des personnes au combien différentes les unes des autres, il fait part d’un message de tolérance ayant comme but principal de prouver aux joueurs qu’il est parfois bon de tendre simplement la main à son prochain. Inclusif, positif et toujours sincère dans sa démarche, Spider-Man profite d’une finesse d’écriture aussi remarquable que cinématographique qui n’hésite pas à nous proposer des scènes d’action grandiloquentes qu’il couple à des séquences aux thématiques fortes. Un choix loin d’être surprenant tant ses sujets sont liés depuis toujours au jeune voltigeur, mais qu’il est toutefois appréciable de retrouver dans une production de cette envergure.

L’intrigue oscille régulièrement entre une action spectaculaire et des instants plus intimistes.

Toujours dans cette optique, Insomniac Games a également tenu à rendre son jeu accessible au plus grand nombre. Pour s’en rendre compte, il suffira simplement de faire un rapide passage dans les paramètres pour y découvrir la possibilité d’ajuster l’aventure à de nombreuses formes de handicap, aussi bien visuelles que cognitives. Le geste est beau, et bien évidemment, on ne peut qu’espérer le retrouver dans d’autres œuvres vidéoludiques à l’avenir.

Un contenu prêt à nous rendre Insomniac ?

Ce qui frappe immédiatement lors d’un premier contact avec ce Spider-Man, c’est le sentiment de liberté qu’il transmet. Dans ce New York aussi idéalisé que finement reconstitué, tout ou presque semble possible et très vite, l’envie d’explorer ce riche environnement se fait sentir. Se balancer de toile en toile entre les gratte-ciel, saluer les passants à chaque coin de rue ou encore mettre fin à des braquages sont autant de petites activités plaisantes auxquelles il est possible de s’adonner dans cet open-world plein de vie à la réalisation épatante. Une transition toute trouvée pour aborder directement les petits détails techniques. Sur une PS4 originelle, le titre s’avère déjà somptueux grâce à un affichage en 1080p/30fps. La PS4 Pro, quant à elle, profite de son gain de puissance pour faire tourner le titre en 4K, mais toujours à 30fps avec, cependant, le support du HDR en complément.
Peu importe votre console, le rendu visuel de ce Spider-Man ne pourra que vous combler tant il épouse avec une agilité déconcertante toutes les possibilités offertes par les machines de Sony.

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Tel un influenceur de premier choix, Spider-Man aussi profite d’un petit tour en hélicoptère.

Et côté contenu ? Rassurez-vous, Spider-Man est également assez généreux pour un titre du genre. Comptez entre 20 et 25 heures pour clôturer l’histoire principale dans son intégralité et une bonne dizaine de plus pour réussir les différentes quêtes annexes qui pullulent dans tous les quartiers de la ville.
Avec des lieux à photographier, des sacs à dos à récupérer, des bases ennemies à neutraliser et des pigeons à rattraper, il y a de quoi s’occuper, surtout si l’on y ajoute les 51 trophées PSN, dont un platine, à débloquer.
Le mode photo est également l’une des plus grandes réussites du jeu d’Insomniac Games. Extrêmement complet, il permet de réaliser des clichés de très bonne facture (pour peu que l’on possède un minimum de talent) grâce à divers outils particulièrement faciles à prendre en main auxquelles s’ajoutent une liste conséquente de filtres amusants et originaux.

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Nouveau look pour une nouvelle… façon de jouer.

Certes, l’habit ne fait pas le moine, mais quand on est un super-héros reconnu et une icône internationale, il faut tout de même savoir soigner son sens du style. Dans Spider-Man, la collecte de tenues est une composante essentielle au sein de la progression. S’ils reprennent les esthétiques des différents costumes entrevus sur papier et au cinéma (Le Iron « I don’t feel so good » Spider d’Avengers: Infinity War est bien présent), ses morceaux de tissu de forte qualité permettent à notre brave protagoniste de faire le plein de super-capacités spéciales qu’il est possible d’utiliser à l’aide d’une jauge d’énergie qui se remplit au rythme des mandales distribuées aux ennemis durant les nombreux affrontements, aussi nerveux que chorégraphiés, qui se succéderont dans les pérégrinations du héros.

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Iron Spider, Scarlet Spider, Spider-Punk, Spider-Man 2099, Spider-Armure MK II & III ou encore Spider-Man Noir, la plupart des tenues mythiques du protagoniste arachnéen sont ici bien présentes avec, pour chacune, des aptitudes inédites.

Il est également bon de préciser que, comme pour les costumes, les easter-eggs sont ici légions. Pour peu que vous ne soyez pas étranger à l’univers de Marvel, certains personnages, lieux et objets récupérables ne vous laisseront clairement pas indifférent. Un jeu fan-service ce Spider-Man ? Bien loin de là, même s’il faut bien reconnaître que croiser dans son périple des lieux emblématiques tels que la Tour des Avengers, le Sanctum Sanctorum du Doctor Strange, l’ambassade du Wakanda, la raffinerie ROXXON, ou encore les bureaux d’Alias Investigation à quelque chose d’aussi grisant que satisfaisant.

Enfin, il est impossible de ne pas saluer la qualité remarquable du doublage. Voix officielle du tisseur depuis les deux The Amazing Spider-Man de Marc Webb, Donald Reignoux nous livre ici une prestation habitée au sein d’un projet qui l’est finalement tout autant. En se révélant aussi passionnant que passionné, c’est peut-être bien-là que le Spider-Man d’Insomniac Games détient en effet sa plus grande réussite.

EN BREF : En privilégiant l’efficacité à l’originalité, ce Spider-Man ne surprendra guère les habitués du genre. Pour autant, tout au long de son aventure, le charme opère, et ses phases de combat dynamiques, sa direction artistique soignée, son écriture inspirée et son sens du fun exacerbé ne sont pas étrangers à cette réussite. Si donner vie à un projet sous licence n’est jamais chose aisée, Insomniac Games réussit son pari haut la main.
Beau, amusant et jouissif à chaque instant, il est un divertissement presque parfait aux qualités ludiques évidentes qui rejoint sans aucun mal la liste déjà longue des exclusivités de premier choix à retrouver sur PlayStation 4.

Et maintenant, à quand la suite ?

SPIDER-MAN EN CHIFFRES (ET EN LETTRES) :Spider-Man PS4

  • Genre : Toile de maître
  • Sortie le : 07 septembre 2018
  • Disponible sur : PS4
  • Développeur : Insomniac Games
  • Éditeur : Sony Interactive Entertainment
  • Prix : 69,99€
  • 34 compétences à équiper
  • 28 Daily Bugle à consulter
  • 25 tenues à collectionner
  • 16 monuments à photographier
  • 12 pigeons à rattraper
  • 12 petits chats à retrouver
  • 8 gadgets à fabriquer
  • 49 trophées PSN
  • Temps de jeu personnel : 27h32 (environ)

Merci à PlayStation France de m’avoir permis de réaliser ce test.

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