[TEST] : Gran Turismo Sport – Le retour du roi ? ðŸ

Il en aura fait du bruit depuis son annonce en 2015 lors de la première conférence PlayStation organisée dans le cadre de la Paris Games Week. Lui, c’est Gran Turismo Sport. Spin-off massivement multijoueur de l’incontournable licence automobile initiée il y a tout juste 20 ans sur PlayStation 1 par Polyphony Digital, le titre a pour mission principale de redorer le blason de son patronyme suite aux échecs critiques et publics des deux opus parus sur PlayStation 3. Face à une concurrence de plus en plus accrue au fil des années, ce GT Sport réussit-il tout de même à décrocher la pole position ? C’est ce que j’ai vérifié pour vous.

Un doux vent de nostalgie souffle actuellement sur le marché du jeu vidéo ! Si vous avez eu la chance de posséder l’une des premières PlayStation dans les années 90, il est fort probable que vous ayez eu l’occasion de poser vos mains sur l’un des différents épisodes de la longue saga Gran Turismo. Lancée en 1997, la licence s’est vite métamorphosée en vitrine technologique pour les consoles du géant japonnais qui multiplia les itérations durant de longues années face à des chiffres de ventes de plus en plus impressionnants. Désireux de goûter à ce succès avec sa Xbox, Microsoft se lança dans la course à la simulation accessible en 2005 avec Forza Motorsport. Un duel de titan qui prit du plomb dans l’aile à l’heure de l’ère PS3, les développeurs de Polyphony Digital ayant bien du mal à maîtriser les capacités de cette dernière.
Après un épisode Prologue décevant venant simplement combler le manque de titre du genre sur la console de Sony, le 5ème opus signa l’un des premiers échecs du studio face à un rookie qui ne cessait d’accroître sa popularité. En 2013, Gran Turismo 6 ne parvenait malheureusement pas à combler le retard accumulé et nombreux furent ceux qui enteraient déjà le roi déchu.

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Vous pouvez remporter une voiture de façon quotidienne après avoir réalisé une petite session d’entrainement.

Les équipes de Kazunori Yamauchi n’ont toutefois pas dit leur dernier mot et lance en cette fin d’année le fameux Gran Turismo Sport. Un épisode centré, comme son nom l’indique, sur la compétition en ligne et qui profite d’un partenariat inédit avec la FIA.
Désormais, il débarque sur un terrain ayant vu surgir en quelques semaines seulement de nombreux concurrents. Forza Motorsport poursuit en effet son chemin avec un 7ème opus tandis que Project Cars 2 comble les amateurs de courses désireux de faire leurs preuves sur un titre où le réalisme est le maître-mot. Des challengers rutilants qui auraient néanmoins tort de sous-estimés leur aîné qui profitent ici d’une copie modernisée et d’un savoir-faire à toute épreuve…

Gentleman Driver

Si le changement de route pour la licence est évoqué par le studio japonnais depuis son annonce, il faut bien reconnaître que c’est au lancement du jeu que l’on se rend véritablement compte de cette nouvelle stratégie. C’est avec un gros pincement au cœur que l’on se voit obliger d’adresser un adieu quelque peu nostalgique au mode Carrière et aux différents permis. Gran Turismo Sport sera Online ou ne sera pas. N’allez cependant pas croire qu’il n’y a rien à faire en solo.
S’il faut obligatoirement posséder une connexion internet pour démarrer le titre, les joueurs peuvent réaliser leurs premiers tours de piste dans les modes École de conduite, Mission et Expérience de circuit afin de perfectionner au mieux leur pilotage.

La vue intérieur, très honnêtement modélisée, est présente pour chaque véhicule.

Certes, l’ensemble à des allures de tutoriels approfondis mais cela permettra au novice de s’entraîner un peu avant de se lancer dans des affrontements acharnés face à d’autres participants. Il est également possible de s’adonner au plaisir de la Course simple en solitaire ou jusqu’à 2 joueurs en écran splitté voire même de s’équiper de son casque PlayStation VR le temps d’une virée en 1v1 à bord du véhicule de votre choix sur une sélection de circuit. Pour faire simple, on fait avec le minimum vital mais ses options ont tout de même le mérite d’être présente.

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Bien qu’un peu terne, les graphismes et le rendu général sont relativement convaincants. L’utilisation des technologies HDR n’y est sans doute pas étrangère.

Moins de contenus, plus de maîtrises ?

Ce qui devrait faire beaucoup plus de mal aux fans incontestés de la franchise, c’est bel et bien son contenu. L’instigateur du concept de collection virtuelle se paie l’audace de n’offrir que 162 véhicules (1.200 dans GT6) pour 17 circuits et 28 tracés (37 et 70 toujours dans GT6).

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Les concepts Vision GT bénéficient d’une belle mise en avant grâce à des showrooms dédiés.

Bien que personnellement, la qualité m’ait toujours plus importé que la quantité, peut-être est-ce une erreur de passer d’un tel extrême à un autre et ce, malgré le nouveau positionnement du jeu. Surtout que dans les deux cas, il faut bien sûr composer avec des variantes par dizaines, donnant l’impression d’un sérieux manque de substance. Au final, il semble évident de se dire que des DLC devraient venir se joindre à la fête dans les semaines à venir.

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L’Audi Sport Quattro S1 de 1987, seule voiture classique disponible dans ce GT Sport.

Parmi les véhicules proposés, il est possible de retrouver avec plaisir les Vision GT, des concept-cars créée spécialement pour Gran Turismo par quelques-uns des plus grands constructeurs mondiaux.
Cependant, les circuits, quant à eux, souffrent de l’absence d’un tel atout et se voient simplement obligés de dire adieu à quelques évidences. On pense bien évidemment à des noms mythiques tels que Laguna Seca, Spa-Francorchamps, Monza, Silverstone ou encore du Circuit de la Sarthe déjà présent dans le catalogue d’anciens opus. Désormais, on ne compte plus que 6 circuits réels, un comble pour un jeu sponsorisé par la Fédération Internationale de l’Automobile.

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Tout comme celle des voitures, la liste des circuits est réduite à l’extrême. On se contente d’un minimum et malgré tout, de nombreuses variantes restent bien présentes.

On se consolera grâce au rendu graphique très convaincant de l’ensemble. Les véhicules et tracés ont droit à un travail de modélisation remarquable couplé à des effets de lumière frôlant le photoréalisme et ce malgré la présence d’aliasing à plusieurs reprises, notamment lors des séquences ou la végétation se montre prolifique en bord de route.
Cette impression de beauté visuelle se poursuit lors de la découverte du très complet mode Photo. Un brin complexe à prendre en main au premier abord, il permet de prendre des clichés de vos bolides durant les courses mais aussi via des environnements réels. Si la feature peut sembler anecdotique, il faut bien reconnaître que la qualité des photos réalisées est tout bonnement éblouissante.

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Le mode Photo est extrêmement complet.

Une présentation soignée qui en a sous le capot !

Côté menu, on retrouve toute la patte graphique de Polyphony Digital. C’est beau, simple, épuré et on prend un malin plaisir à s’y perdre afin d’en découvrir chaque subtilité. Le showroom des marques se voit ainsi agrémenter d’une section musée permettant de découvrir les événements marquants de l’histoire d’un constructeur tandis que de petites vidéos retraçant la genèse de certains modèles ou célébrant divers anniversaires sont à retrouver au travers d’un système de chaîne dédié à chaque fabricant. Les amateurs apprécieront…
Une interface transpirant l’amour des belles mécaniques comportant une multitude de détails amusants mais néanmoins surprenants.

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De nombreuses informations aussi étranges qu’insolites viennent régulièrement se glisser dans les menus principaux.

Le Musée permet ainsi également de faire le plein d’anecdotes en adéquation avec les années de sortie des véhicules les plus marquants de certains constructeurs. Ne soyez donc pas surpris de découvrir sur l’écran titre lors de votre premier lancement du jeu les dates de lancement des premiers albums de Chuck Berry (1957) et Björk (1993), du N°1 de Batman (1939), de Windows 10 (2015) et de la Toyota Prius (1997), ou encore celle de la création du tableau « Le Cri » de Munch (1893), de la publication du « Dracula » de l’écrivain irlandais Bram Stoker (1897) et de la catastrophe du Titanic (1912) en passant par la prise de pouvoir de Staline (1941) et les élections de Barack Obama (2009) et Donald Trump (2016). À défaut d’être véritablement utile, cette présence étonnante d’informations du genre a le mérite d’être relativement instructive. Le mystère reste néanmoins entier face à la présence de cette riche frise chronologique.

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L’interface principale reprend les standards de la saga.

Un multijoueur complet, généreux et addictif

Véritable cœur du jeu, le online se part d’un traitement des plus atypiques. Prenant des tournures de compétition officielle, il nous permet de participer à des courses contre une vingtaine de joueurs sur 3 circuits différents à la fois. Ses dernières reviennent ainsi toutes les heures et se voient précédées par des séances de qualifications durant, elles, toute la journée.

Le rallye ne brille toujours pas pour son excellence.

Les amateurs de contre-la-montre seront ainsi conquis de retrouver ce système permettant de s’entraîner à tout instant afin d’être le mieux placé sur la grille de départ au moment venu. Deux autres championnats hebdomadaires sont également de la partie, permettant de concourir respectivement aux couleurs de son pays ou du constructeur de son choix.
Si ses événements réguliers, bien que peu nombreux, sont prenants et séduisants de par leur concept, ils se montrent très vite répétitifs, la faute à un système de rotation des circuits ne changeant que trop rarement les tracés proposés. On en fait ainsi le tour de nombreuses fois jusqu’à l’indigestion. Le contenu proposé est certes très bon mais bien trop minime pour séduire les joueurs qui n’hésiteront pas à fuir face à l’idée d’attendre parfois plusieurs jours avant de passer à un autre challenge.

Les karts sont bien évidemment présents.

Heureusement, il est possible de compter malgré tout sur les « salons », paramétrables à volonté, pour venir combler certaines lacunes. Le très bon point de ce multijoueur revient à son système de notation qui ravira les néophytes et les pilotes confirmés. S’il prend en compte les différents temps que vous pourriez effectuer, il se base également avec précision sur votre comportement. Foncer comme un dératé dans les virages, pousser vos adversaires dans les graviers ou prendre des raccourcis peu recommandables… Voici un petit exemple des actions qui vous octroieront des pénalités de temps tout en faisant baisser votre classement de « fair-play », vous empêchant, par la suite, de participer à certaines compétitions. Une régulation appréciable dans un jeu de course qui vise à rendre les parties bien plus agréables pour tout le monde. Malheureusement, rien n’est parfait et le concept mérite encore quelques petits ajustements.

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GT Sport porte bien son nom et met à disposition des joueurs de nombreux véhicules de compétitions.

Du côté de la conduite, le studio ne bouleverse rien. Reprenant les sensations et les commandes des épisodes précédents, elle se veut néanmoins plus accessible afin de permettre au plus grand nombre de s’y essayer. Malgré un petit temps d’adaptation nécessaire lors des premiers tours, les véhicules restent simples à prendre en main même sans aucune aide. Une perte de difficulté qui plaira aux nouveaux joueurs mais qui fera grincer des dents les amateurs du genre.

Un jeu devenu service qui se paie au prix fort

Gran Turismo Sport participe à cette évolution de l’univers vidéoludique transformant petit à petit les jeux en « service ». Ce système savamment orchestré par les studios est simple : donner envie aux joueurs de revenir régulièrement sur un titre en lui offrant constamment du contenu supplémentaire. On peut aimer, détester ou regretter cette pratique devenue habituelle, mais il faut bien reconnaître que le principe ne cesse de porter ses fruits aussi bien sur mobiles et PC que sur consoles.

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Cet écran, vous le verrez souvent, les temps de chargement, en solo comme en multi, étant long, très long.

Si cette nouvelle approche se fait ici avec toute l’élégance qui caractérise la série, l’expérience à néanmoins un prix, 59,99€, et c’est bien là l’un des grands défauts du titre. S’il faudra suivre avec le temps son évolution, il est compliqué de conseiller d’y mettre la somme demandée face à un contenu aussi rachitique. Si les fans de jeux en ligne y trouveront un nouveau terrain idéal pour expérimenter leur talent de pilote, les autres se tourneront obligatoirement vers un jeu concurrent.
Pour clôturer ce test, il reste difficile de blâmer les développeurs de chez Polyphony Digital. Avec ce GT Sport, ses derniers prennent en effet de nombreux risques, certes pas toujours payant, afin d’offrir une proposition inédite à leurs fans de la première heure et on ne peut qu’encourager de telles initiatives…

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En bref : Moins complet qu’un Forza Motorsport 7, moins technique qu’un Project Cars 2, Gran Turismo Sport n’en reste pas moins l’une des références dans l’univers des simulations automobiles sur consoles. Si l’enrobage du titre, épurée et hypnotique, ressemble à si m’éprendre à un véritable fantasme de designer, il pèche néanmoins par un contenu famélique comparé à ce qui fût proposé par la licence dans un passé pas si lointain. GT Sport se rattrape néanmoins en course grâce à une jouabilité aux petits oignons et un mode multijoueur addictif ou le respect des concurrents est un composant essentiel. Le retour du « Real Driving Simulator » s’en sort honorablement et devrait séduire les amateurs de belles carrosseries n’ayant pas peur de se frotter à de véritables adversaires. Un peu chiche, la section solo convainc malgré tout grâce à un système de défi malheureusement restreint mais particulièrement prenant si l’on vise le 100%. Toujours est-il que l’on peut espérer voir débarquer dans les prochaines semaines un enrichissement de contenu, de préférence gratuit.
Sans être le jeu de course ultime face à une concurrence qui parfaire sa formule d’année en année, Gran Turismo Sport procure assez de plaisir pour mériter que l’on s’y attarde quelque temps pour peu que l’on soit doté d’un esprit de compétition et d’une envie de faire toujours mieux à chaque nouveaux virages. À vos marques, prêt… Démarrez vos moteurs !

GRAN TURISMO SPORT EN CHIFFRES (ET EN LETTRES) :

  • Genre : E-sport automobile
  • Sortie le : 18 octobre 2017
  • Disponible sur : PS4
  • Développeur : Polyphony Digital
  • Éditeur : Sony Interactive Entertainment
  • Prix : 59,99€
  • 162 véhicules
  • 32 constructeurs
  • 28 tracés
  • 17 circuits
  • 41 trophées PSN
  • Temps de jeu personnel : 18h
MERCI À PLAYSTATION FRANCE DE M’AVOIR PERMIS DE RÉALISER CE TEST.

Captures d’écran personnelles réalisées sur une PS4 Slim.

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